Jusqu’où oser lorsqu’on répond à une annonce ?
Par Jean-Paul Brette
1) Encouragez-vous les candidats à oser ?
Je pense qu’il faut encourager les candidats à oser, en partant du principe d’emblée que le candidat ne doit pas décider à la place du recruteur. Il doit faire abstraction de ses croyances, de ses présupposés, et ainsi éviter l’autocensure.
Un jeune débutant, par exemple, ne doit pas se dire : « cette annonce va susciter tellement de réponses que c’est même pas la peine que je réponde, parce que de toute façon, j’ai pas la meilleure formation ». Ou un senior ne doit pas se dire : « cette entreprise ne recrute que des jeunes, ce n’est pas la peine que je tente me chance ».
Autant les croyances, les présupposés nous aident à nous construire, à nous bâtir. Autant ils peuvent être un frein à nos projets. Donc, il faut savoir prendre du recul, il faut savoir entreprendre et il faut savoir oser.
2) A quelle condition oser ?
En sachant faire preuve de discernement. Discernement par rapport à soi, mais également discernement par rapport à l’offre à laquelle on répond. A ce propos, mes conseils pour faire preuve de discernement seraient les suivants : tout d’abord lire attentivement l’offre. En sachant discerner les critères clairement exprimés, ceux qui sont écrits noir sur blanc, sur l’offre, bien évidemment. Mais également les critères induits. Ceux où il faut aller au-delà des mots. Et ce n’est pas si simple que ça. En particulier à notre époque où tout va très vite. Et où surtout, on vous a habitués à utiliser des mots-clé pour déterminer de l’intérêt ou non pour une offre d’emploi.
Après la lecture de l’offre, l’étude de l’offre, en allant sur le site web de l’entreprise pour creuser et mieux comprendre les valeurs véhiculées. Mais également en sachant faire preuve de sens critique. Et à ne pas se laisser exclusivement influencer par le discours corporate. En allant sur d’autres sites, pour mieux comprendre le secteur d’activité, la concurrence et finalement les particularités de l’entreprise. Ensuite, vous devez vous positionner par rapport à l’offre. Pour vous aider, vous pouvez vous appuyer sur les connaissances incontournables. Par exemple, si un niveau d’anglais très précis est requis, vous pouvez légitimement déduire que si vous n’êtes pas bilingue, vous n’avez aucune chance. En ce qui concerne les connaissances incontournables, il est clair qu’il faut se rapprocher des 100 %.
Puis, les compétences techniques et comportementales requises. Par compétences techniques, on entend des notions comme le management de projet par exemple. Par compétences comportementales, on va entendre être force de proposition, l’esprit d’équipe, le dynamisme. Pour toutes ces dimensions compétences techniques et comportementales, je considère que si on en possède les trois quarts, on peut tout à fait oser. Car à ces notions de connaissances et compétences, il faut ajouter aujourd’hui le feed culturel et la motivation. Ces deux notions sont assez récentes mais il faut savoir que les recruteurs y accordent de plus en plus d’importance, car elles sont souvent gage de réussite dans l’entreprise.
3) Comment oser avec la plus grande objectivité ?
Pour gagner en objectivité, il est important de bien se connaître. Pour bien se connaître, les échanges avec autrui sont un bon moyen. Plus on commence jeune, plus on accepte la remise en cause, et donc, plus on progressera. Echange entre étudiants, bien sûr, mais également échange avec son entourage, qu’il soit professionnel ou personnel. Echange avec les recruteurs. Il ne faut surtout pas hésiter à les questionner, mais aussi à accepter leur retour. Enfin, pour oser avec la plus grande objectivité possible, appuyez-vous sur un exercice finalement assez simple. Rédigez une lettre de motivation. Que vous adresserez ou non d’ailleurs. Elle vous permettra de valider noir sur blanc vos motivations, si vous possédez ou non les connaissances et les compétences requises et si vous partagez les valeurs de l’entreprise.

